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LE PRIX DES PERMIS EN CHUTE
09.01.2012

 (Photo: Agence QMI)
 

La valeur des permis de taxi a chuté d'environ 20 % au cours des derniers mois à Montréal, alors que dans d'autres marchés, les prix sont restés stables ou ont augmenté.

En 2011, des permis montréalais se sont vendus seulement 180 000 $ alors qu'ils s'échangeaient encore autour de 220 000$, il y a quelques années. Certaines transactions se seraient même conclues aux environs de 170 000 $.

Le recul a été provoqué par plusieurs éléments. Le lancement par la STM de l'autobus 747, qui fait la navette entre le centre-ville et l'Aéroport Montréal-Trudeau, et l'implantation des vélos Bixi dans les rues de la métropole sont montrés du doigt.

«Plusieurs propriétaires ne sont pas contents parce qu'ils doivent rembourser un permis qu'ils ont payé plus cher que sa valeur marchande», a dit Dory Saliba, président du Comité provincial de concertation et de développement de l'industrie du taxi (CPCDIT), section Montréal.

La conjoncture économique a également un impact négatif sur la valeur des permis. Les prix ont chuté, car il y a plus de vendeurs que d'acheteurs sur le marché.

«Les affaires sont moins bonnes depuis la récession. Il y a moins de clients parce que le taxi est perçu comme un service de luxe», a indiqué Dominique Roy, président et chef de la direction de Taxi Diamond. M. Roy a souligné que la hausse du coût du carburant diminue aussi les profits des propriétaires de taxis.

Dory Saliba, qui préside aussi la société Taxi Hochelaga, ne croit pas que la dégringolade va s'accentuer. Il estime que les prix vont se stabiliser entre 190 000 $ et 200 000 $, car des permis se sont échangés à ces niveaux dernièrement.

Plus cher à Laval qu'à Montréal

Les prix n'ont pas connu une correction semblable ailleurs dans la province. La valeur des permis a bondi de 7 % à Laval et de 5 % à Québec, entre mars 2010 et mars 2011, selon des données de la Commission des transports du Québec.

Au cours de cette période, les permis lavallois se sont échangés en moyenne à 242 000 $ (ils auraient depuis grimpé à 275 000 $ selon le CPCDIT), alors que ceux de la Vieille Capitale se vendaient 148 000 $. À Longueuil, les per mis s'échangeaient en moyenne à 157 000 $ entre 2010 et 2011 alors que le prix était de 189 000 $ à Sainte-Foy et de 60 000 $ à 80 000 $ à Saguenay.

«Montréal a été plus affecté parce qu'il y a eu plus de spéculation dans la métropole que dans les autres villes», a dit Serge Masse, président et chef de la direction de FinTaxi, une firme qui finance l'achat de permis à travers le Québec.

Par contre, les chauffeurs qui veulent exploiter un taxi à Montréal peuvent mettre la main sur un permis à un prix relativement bas, comparativement à leurs confrères d'autres grandes villes.

Dans la Ville Reine, les Torontois doivent débourser jusqu'à 450 000 $ pour acquérir un permis. C'est plus du double du montant exigé dans la métropole québécoise. À New York, les prix sont plus élevés: ils atteignent près de 600 000 $.

Comment acheter un permis?

Les entrepreneurs qui désirent se lancer dans l'industrie du taxi doivent acquérir leur permis auprès d'un propriétaire qui souhaite se retirer, car la Commission des transports du Québec ne délivre pas de nouveaux permis.

Le nombre de permis régulier a été plafonné à 4 443, il y a plusieurs décennies. Deux cents permis restreints destinés au transport de personnes handicapées sont également en circulation.

L'acheteur d'un permis doit contracter un prêt hypothécaire pour financer son acquisition. Certaines Caisses Desjardins et l'organisme FinTaxi font ce type de financent, qui est généralement amorti sur 10 ans.

Pour des permis du centre-ville de Montréal, les prêteurs avancent un maximum de 150 000 $ aux acheteurs, qui doivent débourser la différence selon le montant payé. Les taux d'intérêt fluctuent présentement de 5,9 % à 9,5 %.

* * *

VALEUR MOYENNE DES PERMIS

Laval: 242 000 $ (+ 7 %)

Montréal: 180 000 $ (-20 %)

Sainte-Foy: 189 000 $

Longueuil: 157 000 $

Québec: 148 000 $

New York: 600 000 $

Toronto: 450 000 $

Source : Journal de Montréal

 

NOTE DE SERGE MÂSSE, PDG DE FINTAXI :

« J’ai été cité hors contexte.

Quand le journaliste m’a demandé pourquoi le prix des permis avait baissé à Montréal plus qu’ailleurs, je lui ai expliqué que les BIXI et le 747 sont des facteurs qui n’affectent que Montréal.

Il m’a demandé s’il y avait eu de la spéculation, ce à quoi j’ai répondu qu’ il y en avait peut-être eu à Montréal mais qu’il y en avait ailleurs aussi.

En d’autres mots, la baisse des prix à Montréal peut s’expliquer par la chute des revenus causés par la récession, le BIXI, le 747 et d’autres facteurs qui n’ont pas nécessairement affecté les autres régions, comme, par exemple, les mauvaises nouvelles perpétuellement répétées sur le taxi à Montréal: ça a fait peur aux acheteurs potentiels. Cette dernière partie n’a pas été rapportée dans l’article de journal.

Rien à voir avec la spéculation. »