UN TAXI, LA NUIT |
03.05.2012

Qu'importe la cause, pour les nombreux chauffeurs de taxi qui ont bloqué la rue Saint-Antoine, Edmond Guercy est la victime, pas l'agresseur.
Surtout la nuit, les travailleurs exerçant un métier les mettant en contact direct avec le grand public - sécurité, santé, commerce, transport - doivent composer avec un certain niveau de risque. Entre 2000 et 2010, quelque 130 personnes ont été tuées au Canada dans l'exercice d'une telle fonction, dont 27 chauffeurs de véhicules publics.
Le métier de chauffeur de taxi - en outre pénible, accaparant et mal rétribué - est sans doute le plus risqué. Il consiste notamment en ceci: faire monter derrière soi, aux petites heures du matin, quelques parfaits inconnus possiblement éméchés, peut-être agressifs, en route vers quelque coin perdu de la ville...
Pour la plupart des gens, c'est la définition d'un cauchemar.
En 2009, la police de Montréal a fait le point sur cette situation après avoir constaté que, chaque année, entre 40 et 76 chauffeurs de taxi étaient victimes de vols qualifiés. Sondés à ce sujet, plus de la moitié d'entre eux ont jugé le métier peu ou pas sécuritaire. Presque tous (97%) ont rapporté avoir fait face à des refus de payer, ce qui, dans 20% des cas, a conduit à une agression physique.
C'est une situation de ce type qui aurait conduit à une altercation entre un chauffeur de taxi, Guercy Edmond, et un groupe de jeunes hommes. L'un d'eux a été grièvement blessé lorsque la voiture-taxi a roulé sur lui. Accusé notamment de voies de fait et de délit de fuite, Edmond a été remis en liberté provisoire, hier, alors que des dizaines de collègues entouraient le palais de justice pour exprimer leur solidarité.
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Il est hors de question de juger ici le chauffeur de taxi. C'est le rôle de la justice. En outre, on en connaît fort peu sur l'affaire. Les vidéos horribles que tout le monde a vues n'en révèlent qu'un moment et un aspect, l'incident ayant apparemment débuté plus tôt, plus loin, à l'intérieur même de la voiture.
Quoi qu'il en soit, deux choses paraissent nécessaires.
Un, la police doit scruter le comportement des autres individus impliqués et déterminer s'il y a matière à accusations criminelles.
Deux, tous ceux qui ont un rôle à jouer dans l'industrie du taxi doivent travailler à renforcer la sécurité des 10 800 chauffeurs montréalais.
À la Société de transport de Montréal, on a investi 8,5 millions depuis 2005 (caméras, feux d'urgence, etc.) pour la sécurité des chauffeurs d'autobus, qui courent un peu les mêmes risques. C'est moins simple dans l'industrie du taxi, ne serait-ce qu'à cause du nombre de propriétaires. Et sans doute faudra-t-il imaginer des solutions nouvelles, spécifiques, adaptées.
Mais, chose sûre, c'est tout aussi nécessaire.
Source : Lapresse.ca
Les chauffeurs de taxi d'Edmonton votent majoritairement pour la grève |
03.05.2012

Les 800 chauffeurs de taxi d'Edmonton représentés par le syndicat Teamster ont voté à 82 % pour le déclenchement d'une grève.
Cette décision arrive après le rupture récente des négociations avec leur employeur, Edmonton Taxi Service Group. La compagnie est considérée comme la plus importante de la capitale à offrir des services de taxi. Elle chapeaute Yellow Cab, Barrel Taxi, Prestige Cabs et Checker.
Le litige porte entre autres sur le coût des primes d'assurance, la location des appareils qui lisent les cartes de débit, ainsi que sur le nombre de répartiteurs pour la quantité de taxis en services.
Bien qu'aucune date n'ait encore été déterminée pour déclencher une grève, les syndiqués utiliseront cette mesure pour faire pression sur leur employeur afin de retourner à la table de négociations.
Le porte-parole de Teamster, David Froelick, affirme que le syndicat a nommé un médiateur pour montrer à leur employeur que les syndiqués sont prêts à reprendre les négociations.
Source : Radio-Canada.ca
Le chauffeur de taxi craignait pour sa vie |
02.05.2012
MONTRÉAL - Guercy Edmond, le chauffeur de taxi qui a roulé avec sa voiture sur le corps d'un jeune de 23 ans, tôt dimanche, dit n'avoir jamais réalisé qu'il venait de l'écraser au moment où il prenait la fuite.
Le chauffeur de taxi, libéré sous conditions mercredi, s'est confié pour la toute première fois depuis les tragiques évènements à TVA Nouvelles.
En entrevue exclusive, l'homme de 47 ans, qui n'a aucun antécédent judiciaire, a expliqué qu'il a sérieusement craint pour sa vie et c'est pour cette raison qu'il a fui les lieux.
«Ce soir-là, j'ai eu peur pour ma vie. J'ai eu vraiment vraiment peur, a expliqué le chauffeur d'origine haïtienne. Je ne me suis pas rendu compte que je venais de passer sur quelqu'un. Je voulais tout simplement fuir les lieux pour aller chercher le secours de la police.»
Après avoir fui la scène de l'accident, il dit avoir rejoint une voiture patrouille du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) non loin.
«Quand j'ai rencontré les policiers, je leur ai dit simplement "sauvez-moi il y a un groupe d'individus qui viennent de briser ma voiture et qui veulent me tuer"», a-t-il dit.
Au même moment, il affirme qu'un témoin des évènements est apparu à vélo. «Un monsieur est arrivé et a dit aux policiers que je venais de passer sur le corps de quelqu'un. C'est à partir de là que je me suis rendu compte que j'avais passé sur le corps de quelqu'un», a précisé le chauffeur de taxi qui dit travailler au moins 12 heures par jour.
Reprendre le travail
Malgré les événements qui se sont produits en fin de semaine, le chauffeur de taxi ne craint pas de reprendre le volant.
«Je ne me suis jamais senti coupable, et même en prison, j'étais considéré comme étant la victime», a-t-il dit. L'homme qui a passé plus de 3 jours en prison souligne qu'il a été bien traité par la communauté carcérale du centre de détention de Rivière-des-Prairies, et ce, autant par les détenus que par les gardiens.
L'homme qui œuvre principalement à l'aéroport Montréal-Trudeau, apparaissait stressé par son emploi de chauffeur de taxi et a fait état en cour des problèmes qu'il rencontrait.
Il a expliqué qu'en raison de l'achalandage moins important qu'auparavant à l'aéroport, il lui arrivait parfois de devoir faire des courses au centre-ville de Montréal.
Le suspect est notamment accusé de voies de fait graves et de voies de fait armées - sa voiture de travail étant considérée comme l'arme du crime.
Source : Canoë.ca
Le chauffeur de taxi Guercy Edmond est remis en liberté |
02.05.2012
(Montréal) Piqué au vif par certains agissements de la poursuite, un juge a permis à Guercy Edmond, ce chauffeur de taxi qui a roulé sur le corps d'un homme de 23 ans avec sa voiture, de recouvrer la liberté d'ici son procès.
Le juge Jean-Pierre Boyer s'est fâché contre la procureure de la Couronne Josiane Laplante, hier, lorsqu'il a appris que la poursuite a autorisé le dépôt de «quatre graves accusations» contre le chauffeur sans voir les vidéos de la scène tournées par des témoins avec leurs portables et diffusées sur YouTube.
La police a saisi ces téléphones, mais les vidéos n'en ont toujours pas été extraites. Elles ne sont donc pas encore en preuve.
«Tout le Québec a vu le vidéo. Moi, je l'ai vu à la télévision, puis l'accusé ne l'a pas vu. Ça n'a aucun sens», a dit le magistrat. «Rien ne justifiait votre détention de quatre jours. Je trouve cela scandaleux», a-t-il ajouté en regardant
M. Edmond.
Le magistrat s'est dit «convaincu» qu'il y avait de la «panique» dans les gestes faits par l'accusé dans la nuit du drame.
L'accusé a craint pour sa vie
À sa sortie du palais de justice, hier en fin de journée, l'homme de 47 ans a insisté sur le fait qu'il avait craint pour sa vie la nuit du drame. Il se décrit comme une victime. «Je ne me suis pas rendu compte que je venais de passer sur quelqu'un. Je voulais tout simplement fuir les lieux pour aller chercher le secours de la police», a-t-il indiqué à un journaliste de TVA.
L'homme sans antécédent judiciaire était détenu depuis dimanche. Lundi, il a été formellement accusé de voies de fait graves, de conduite dangereuse ayant causé des lésions corporelles, de délit de fuite et de voies de fait armées au palais de justice de Montréal.
Hier, la poursuite a précisé au juge qu'elle ne s'opposait pas à la mise en liberté de l'accusé, mais qu'elle ne s'entendait pas avec la défense sur les conditions à y assortir.
Le juge a tranché: le chauffeur n'aura plus le droit de faire monter des clients sur le boulevard Saint-Laurent entre 21h et 6h. Sa femme, Yvette Fatal, a signé un engagement sans dépôt de 3000$.
Des vidéos qui ne montrent pas tout
Plus tôt à l'audience, le sergent-détective Frédéric Gagné, de la police de Montréal, a indiqué que les vidéos où l'on voit le chauffeur de taxi rouler sur le corps du jeune homme ne montrent pas tout. Le juge a alors répliqué avec un brin d'ironie qu'il devait se fier à son témoignage.
L'accusé a tenté une première fois de heurter «délibérément» la victime avec sa voiture, bien avant de lui passer sur le corps, a indiqué le policier. Le chauffeur a raté sa cible et heurté un lampadaire, ce qui explique que le pare-chocs avant de la voiture de taxi était déjà endommagé, selon ce que l'on voit sur les vidéos.
Les vidéos diffusées sur YouTube montrent «la seconde partie de l'événement». «À plusieurs reprises, l'accusé avait l'occasion de quitter les lieux», a précisé l'enquêteur.
Vers 3h40, dimanche, trois jeunes hommes, dont la victime, tous «en état d'ébriété avancé», sont montés dans le taxi de M. Edmond à l'angle du boulevard Saint-Laurent et de la rue Milton. La circulation était dense et les clients se sont plaints du fait que la voiture n'avançait pas alors que le taximètre tournait.
M. Kapelli, assis à l'avant, aurait proféré des insultes racistes en disant au chauffeur: «Vous, dans votre pays, vous excisez les femmes.» Il aurait ensuite frappé l'accusé d'un coup de poing au thorax avant de sortir du taxi, suivi de ses deux amis. Le taximètre indiquait 9$, selon le chauffeur. Les jeunes clients parlent plutôt de 5$.
Les clients auraient donné des coups de pied sur la voiture, puis le chauffeur serait sorti du véhicule, un balai à neige et une bouteille de verre dans les mains. Il aurait lancé la bouteille en direction de M. Kapelli. «Il y a eu bousculade de part et d'autre», a raconté l'enquêteur.
Le chauffeur est remonté dans sa voiture. C'est à ce moment qu'il aurait foncé une première fois sur la victime et qu'il aurait heurté un lampadaire.
Après cela, des gens ont commencé à filmer la scène. Certains ont crié: «Il est fou. Il est malade», en parlant du chauffeur.
Une personne - qui n'a rien à voir avec les trois clients - a sauté sur le capot du taxi. Puis, on voit M. Kapelli tenter de donner un coup de pied sur la voiture. C'est là qu'il tombe et se fait passer sur le corps. Il a deux côtes fracturées, la rate et la vessie perforées, des lésions aux poumons ainsi que quelques contusions à l'abdomen.
L'accusé, chauffeur de taxi depuis huit ans, doit retourner en cour le 20 juin. Il est défendu par Me Yves Vaillancourt.
Source : Lapresse.ca
Guercy Edmond est remis en liberté |
02.05.2012
Un juge de la Cour du Québec a acquiescé mercredi à la demande de remise en liberté sous caution et avec conditions du chauffeur de taxi Guercy Edmond, qui a roulé sur un jeune homme avec sa voiture, dimanche dernier à Montréal.
Le juge Jean-Pierre Boyer a même qualifié la détention du chauffeur de scandaleuse, soutenant qu'elle n'était pas nécessaire.
Le chauffeur est accusé d'agression armée, de voies de fait graves, de délit de fuite et de conduite dangereuse.
Avant le début de l'audience, mercredi, une bruyante manifestation de chauffeurs de taxi s'est tenue aux abords du palais de justice de Montréal pour soutenir M. Edmond.
La Couronne a fait témoigner un policier qui a raconté le fil des événements selon les témoignages recueillis. Le sergent détective Frédéric Gagné, enquêteur du Service de police de la ville de Montréal, a indiqué que les vidéos diffusées sur Internet ne permettent de voir que la deuxième partie des événements survenus dimanche.
Tout aurait débuté lorsque le taxi a cueilli trois jeunes hommes en état d'ébriété avancée sur le boulevard Saint-Laurent, peu après 3 h 30 dimanche matin. La circulation était paralysée et les trois hommes auraient manifesté leur impatience, notamment par des commentaires racistes à l'endroit de M. Edmond, un Noir.
Les sujets abordés par les trois passagers blancs touchaient notamment à la pratique du voodoo et à l'excision chez les femmes. Une divergence sur le prix de la course a aussi nourri le différend. Le chauffeur réclamait 9 $, les passagers voulaient payer 5 $.
Durant l'altercation, qui s'est prolongée sur une certaine distance, l'individu qui prenait place à l'avant serait descendu et M. Edmond en aurait fait autant, le menaçant avec un balai à neige et une bouteille. Les deux autres passagers seraient alors descendus et M. Edmond aurait été frappé au thorax. Une fois remonté dans son taxi, il aurait fait quelques manoeuvres menaçantes envers les individus avec sa voiture, pour finalement foncer vers eux, heurtant un lampadaire.
Le chauffeur a pour sa part expliqué qu'il avait perdu le contrôle de sa voiture lorsqu'il a percuté le lampadaire.
La suite des événements a été filmée sur vidéo. On y voit des individus qui donnent des coups de pied sur la voiture, et même un, qui n'était nullement lié aux trois passagers belligérants, qui est monté sur le toit.
C'est à ce moment, après quelques manoeuvres, que le chauffeur de taxi a renversé et roulé sur le corps d'un des trois hommes. Celui-ci a eu deux côtes fracturées, la rate et la vessie perforées, des lésions aux poumons et des contusions multiples.
Le chauffeur a poursuivi sa route jusqu'à ce qu'il arrive à la rencontre de policiers, à qui il a déclaré qu'un groupe d'individus le pourchassaient et voulaient le tuer.
Guercy Edmond travaille comme chauffeur de taxi depuis huit ans. Il loue son véhicule et travaille généralement du côté de l'aéroport Montréal-Trudeau.
Il reviendra en cour le 20 juin. Parmi les conditions qui lui ont été imposées, le chauffeur ne pourra entrer en contact avec les personnes impliquées dans l'incident.
Source : Lapresse.ca